En matière de réaction face au bruit les mots ne sont pas neutres

Une comparaison entre le terme français « gêne » et le terme anglais « annoyance » suffit pour montrer le glissement sémantique potentiel de notions qui se voulaient synonymes. Les termes sont utilisés dans des questionnaires où les participants procèdent à une auto-évaluation de leur réaction face au bruit, qualifiée de manière différente. Les différences linguistiques et culturelles pourraient introduire des difficultés dans les comparaisons de la gêne ressentie par différentes communautés. Lorsque les individus sont interrogés sur leur gêne, les mots comptent. Or, la tournure des questions, la connotation des mots employés sont différents suivant la langue.

Selon les pays, les chercheurs n’accordent pas la même place aux différents aspects de la réaction au bruit : au Japon on étudie plutôt ce qui a trait aux nuisances, à l’agacement. En Angleterre c’est l’irritation qui est mise en avant alors qu’en Allemagne, ce sont plutôt les interférences et la contrariété. La signification du mot utilisé pour désigner la gêne n’est pas exactement la même dans les différentes langues : Le terme "annoyance" en anglais a clairement une connotation d’irritation qui est moins présente dans le mot "gêne" en français ou le terme "Belästigung" en allemand. La construction de la langue est importante également : les questions n’auront pas le même impact sur les personnes interrogées en japonnais, langue orientée vers l’action, ou en allemand dont les constructions sont plus orientées vers les objets

Ces raisons linguistiques et culturelles font que l’appréciation de ce qu’est la gêne n’est pas nécessairement la même pour un anglais, un allemand, un français ou un japonnais. Il en est de même pour la façon dont cette gêne sera exprimée lors les questionnaires.

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