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Sujet : La diffusion des médicaments dans l’environnement pose des problèmes considérables !

R�pondu le jeudi 20 février 2014 par Bigora Bernadette

1.1. Contamination de l’environnement par des substances médicamenteuses.
L’analyse des eaux physico-chimique des eaux superficielles, souterraines, eaux résiduelles ou boues des stations d’épuration montre à suffisance la présence de substances médicamenteuses et de leurs dérivés ou métabolites. En plus de ces résidus médicamenteux s’ajoutent d’autres produits comme les détergents, les hydrocarbures, les métaux et autres éléments phytosanitaires.
Les concentrations de substances médicamenteuses retrouvées dans l’environnement varient du nanogramme au microgramme voire des centaines de microgrammes par litre selon la catégorie d’eau considérée : superficielle, souterraine, à consommation humaine, effluents et eaux résiduaires suivant des variations spatio-temporelles dépendant des activités humaines.
Au fond, la situation est inégale selon les pays et les régions du monde en fonction de leur développement socio-économique, de leurs systèmes de santé et de leurs règlementations.
1.2. Sources d’émission des substances médicamenteuses.
Les substances médicamenteuses émises dans l’environnement peuvent être des rejets médicamenteux ou leurs dérivés contenus dans les urines, dans les fèces de la population humaine ou animale. Ces rejets peuvent être aussi d’origine industrielle ou pharmaceutique, issus des établissements de soins ou d’élevage industriel ou piscicole ou des épandages des boues des stations d’épuration. Un regard particulier doit être réservé aux établissements des soins en raison du nombre de maladies traitées, de la quantité et de la diversité des médicaments utilisés notamment les anticancéreux, les anesthésiques, les antibiotiques, les produits radioactifs, etc…
a) Rejet des médicaments à usage humain et/ou pharmaceutique
Nous distinguons trois (3) origines pour les médicaments à usage humain
-  Les rejets de l’industrie chimique fine, de l’industrie pharmaceutique
-  Les rejets des résidus des médicaments consommés par les particuliers qui est une faible partie comparée aux rejets des établissements de santé. Cependant, la consommation des médicaments à usage humain est liée à notre mode de vie actuel et augmente fortement.
-  Les établissements de soins de santé à savoir les dispensaires, les centres de soins, les cliniques et les hôpitaux. Ces unités de soins utilisent beaucoup de médicaments dont les anticancéreux et autres produits hydrophiles résistants à la biodégradation.

b) Rejet des médicaments à usage vétérinaire
Les médicaments d’usage vétérinaire sont tous des médicaments utilisés pour les animaux. Les études ont constaté que les résidus de médicaments vétérinaires dans l’eau se rapprochent du taux de concentration de résidus des produits phytosanitaires.
Les produits antiparasitaires constituent par exemple près d’un quart des ventes des médicaments vétérinaires. Leur risque de présence dans les eaux est susceptible d’être élevé. Or, les antiparasitaires administrés aux animaux servent aussi comme insecticides pour les cultures donc comme produits phytosanitaires.
Certains aspects rapprochent les domaines vétérinaires et phytosanitaires : administration des traitements directement dans l’environnement comme les médicaments vétérinaires destinés à l’aquaculture directement versés dans les bassins d’élevage ou les solutions pour balnéation des vaches ou des moutons dans les dipping tank qui sont directement versés dans le milieu environnant après usage.
Aussi des produits de gavage des animaux sont utilisés pour atteindre la maturité physique sont utilisés pour atteindre la maturité physique rapide des animaux ou pour augmenter leur masse.
D’autre part, les médicaments sont administrés individuellement pour les animaux de compagnie (1/3 des ventes), alors qu’ils sont administrés collectivement pour l’élevage de rente (2/3 des ventes) afin de maximiser la quantité.
Au terme du processus, les résidus des médicaments administrés se retrouvent dans l’environnement.
1.3. Parcours des résidus de médicaments.

a) Résidus de médicaments à usage humain.
Les résidus de médicaments à usage humain s’évacuent par les urines ou les matières fécales puis vont dans les eaux usées urbaines. Une infime partie des eaux part directement dans le sol (fuite d’égout). Mais la plupart finissent dans les stations d’épuration. Cependant, un problème se pose. En effet, les stations d’épuration ont été conçues pour l’élimination des matières en suspension, des matières organiques biodégradables, et donc jamais dans le but d’éliminer les résidus potentiels de médicaments trouvés dans les eaux. Malgré cela, les niveaux d’élimination sont très bons pour certains composés (les rendements d’élimination varient de l’ordre de 10 à 95% suivant les molécules). Les phénomènes mis en jeu pour cette élimination de résidus de médicaments sont l’adsorption et la biodégradation.
b) Résidus des médicaments à usage vétérinaire
Les résidus de médicaments à usage vétérinaire proviennent des déjections animales et des effluents d’élevage. Peu importe qu’ils soient ensuite stockés comme dans du lisier ou dans du fumier, ou tout simplement laissés dans la nature, les résidus de médicaments se retrouveront dans le sol.
1.4. Types de médicaments retrouvés dans le milieu environnemental européen
Les médicaments que l’on retrouve dans l’environnement sont principalement de type :
-  Antidépresseur (diazépam, amitriptyline) ;
-  Analgésique (ibuprofène, paracétamol, diclofenac) ;
-  Antibiotique (néomycine, chloramphénicol, tétracyclines) ;
-  Hypolipemiant (acide chlofibrique, gemfibrozil).
1.5. Difficultés d’évaluation des risques correspondants
Trois (3) catégories de données sont à considérer pour évaluer qualitativement et quantitativement les risques de contamination de l’environnement par les médicaments :
-  La nocivité intrinsèque
-  La connaissance des relations dose-effet
-  L’estimation des expositions : populations humaines et écosystèmes
1.6. Impact des substances médicamenteuses sur l’environnement

1.6.1. Leur impact sur les organismes aquatiques

L’impact des résidus médicamenteux sur les organismes aquatiques a été analysé à titre exemplatif aux niveaux des antibiotiques, des perturbateurs endocriniens et des antidépresseurs.

1.6.2. Les conséquences
A travers ce point, analysons l’effet de l’exposition à long terme, l’effet cocktail et l’effet de métabolisation.
- L’exposition à long terme : Si une molécule ne présente aucun risque, sinon très faible lors d’un test écotoxicologique, les scientifiques peuvent envisager que l’exposition à long terme des organismes avec cette molécule devienne nocive.
- L’effet cocktail : On peut parler d’effet cocktail lorsque plusieurs molécules, qui ne présentent aucune toxicité aigüe lorsqu’elles sont isolées, se rassemblent, devenant ainsi plus dangereuses.
- la métabolisation : Lors de la prise d’un médicament, ce dernier est métabolisé par notre organisme. Lors de la réaction, des produits issus de la molécule mère sont dégagés : les métabolites. Il se peut que certains de ces métabolites soient plus dangereux que la molécule mère elle-même.
1.7. Risques sanitaires
L’analyse des risques consécutifs aux expositions dénote une probable contamination suite à la présence dans l’eau des bactéries antibiorésistantes ou alors des bactéries autobiorésistantes dans l’eau de consommation directe.
a) Inquiétudes sur la présence de bactéries antibiorésistantes dans l’eau :
L’utilisation de médicaments (et plus particulièrement d’antibiotiques) présente deux impacts environnementaux principaux : la présence de résidus de molécules actives ainsi que la pression de sélection de bactéries antibiorésistantes. Les résidus doivent pouvoir être éliminés par les stations de potabilisation, mais il est également important d’évaluer leur impact sur l’écologie microbienne des sols.
Les traitements réalisés dans les usines de potabilisation constituent une étape de protection de l’eau potable et donc de l’homme, cependant, une action préventive est indispensable pour réduire les quantités de médicaments utilisés et les émissions dans l’environnement.
b) Consommation directe :
La consommation humaine directe peut provoquer une contamination :
-  par la consommation d’eau dans laquelle subsistent des bactéries autobiorésistantes et des résidus de médicament.
-  par la consommation de produits d’origine animale ou végétale.
1.8. Une réglementation insuffisante
. La réglementation actuelle ne tient pas compte de toutes les conséquences écologiques ou des rejets de tous les métabolites médicamenteux.
Peu de données sont disponibles sur les concentrations de métabolites dans les milieux, présents en même temps que les molécules parentes.
. La sensibilisation pour que les résidus ne se retrouvent pas dans nos eaux de consommation.
Une campagne a été mise au point afin de sensibiliser la population à ne pas jeter ces médicaments, mais à les rendre directement en pharmacie où ils seront correctement détruits.
1.9. Des enjeux importants
L’étude des enjeux de la contamination des résidus médicamenteux sur l’environnement tient compte :
a) De la nécessité de la protection de l’environnement ;
b) De l’utilité de la protection de la santé publique ;
c) Du besoin de l’amélioration des technologies de traitement des eaux industrielles, urbaines et de consommation ;
d) De la réduction des coûts de traitement des eaux.


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