"Que sais-je de la science économique ?"

la "science économique"

Le but de cette -rapide- introduction est de revenir sur quelques concepts de la "science économique", comme la rareté, la répartition, le marché, la production, la consommation, les besoins, la croissance... en s’inspirant de pensées de quelques auteurs remarquables d’une discipline encore assez jeune. C’est à partir de là qu’il sera possible de comprendre comment il peut être possible de lutter contre la pollution et ses conséquences sur la santé humaine via des instruments adaptés et issus des réflexions de la science économique.

Jean-Baptiste Say, Jean-Baptiste Say économiste français du XIXe siècle, affirmait : « les richesses naturelles sont inépuisables » ! Personne n’oserait clamer une telle chose aujourd’hui car nous savons que le Soleil lui-même s’éteindra dans quelque cinq milliards d’années.

On peut, d’une manière très schématique, définir la science économique comme la science qui étudie les phénomènes liés à la gestion, à l’administration des ressources rares . Ce type de définition insiste sur quelques notions clefs : rareté des moyens, existence de désirs illimités dans un monde limité qui oblige à des choix . Apparaît par conséquent les problèmes concernant la répartition .

Adam Smith, pionnier de l’école classique en économie, symbolise par le titre de son ouvrage La Richesse des Nations (1776) une optique qui fait de l’économie une science des richesses . Mais il ne faut pas voir dans ce courant une conception restreinte à l’étude des biens matériels, mais plutôt l’étude de tout ce qui concourt à la production, l’échange et à la répartition des richesses . Apparaît donc déjà la notion de rareté , puisqu’il faut répartir des richesses rares.

Les sciences économiques peuvent également être vues comme étant une science de l’échange et des choix. Robbins définissait à la moitié du XXe siècle l’économie comme « la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usage alternatif ». Mais cette définition pourrait très bien concerner également la science militaire !

Pour recentrer un peu, prenons cette citation de Samuelson, également au milieu du XXe siècle : « l’économie recherche comment les hommes et la société décident, en faisant ou non usage de la monnaie , d’affecter des ressources productives rares à la production, à travers le temps, de marchandises et de services variés, et de répartir ceux-ci, à des fins de consommation présente et future, entre les différents individus et collectivités constituant la société. »

Enfin, on en arrive à une dernière conception, qui se veut plus proche de l’économie politique : celle de Marx, lors de la seconde moitié du XIXe siècle ; pour lui, l’économie (politique) étudie les formes selon lesquelles les hommes produisent, consomment, échangent et règlent la répartition au sein de rapports de production caractéristiques d’une société.

Pour revenir à la notion centrale de la rareté, on peut dire qu’il y a situation de rareté lorsque nos ressources ne suffisent pas à couvrir nos besoins. L’une des objets des sciences économiques est d’étudier comment on peut vivre face à la rareté et par quels moyens une société parvient à la réduire. C’est justement grâce à la croissance économique .

Le besoin est un sentiment de manque accompagné du désir de le faire disparaître. Nos besoins ont d’abord une origine biologique. Tout être humain, quelle que soit la société à laquelle il appartient, doit répondre à un certain nombre de besoins :

-  besoins primaires  : se nourrir, se loger, dormir (primaire physiologique)...

- les besoins secondaires paraissent moins essentiels que les précédents : se déplacer, se cultiver, prévenir la maladie...

Mais la distinction entre les besoins primaires et secondaires est difficile à établir (on préfère vivre en bonne santé) et pas forcément fondée. Il convient plutôt de prendre en compte l’origine sociale des besoins. Par exemple, comme nous l’avons, dormir est un besoin primaire ; mais qu’implique-t-il comme autres besoins : un hamac plutôt qu’un lit ?

En réalité, même s’il existe des besoins élémentaires, notre façon de les satisfaire provient de l’éducation reçue dans notre famille, du mode de vie de notre groupe social ou de la société dans laquelle on vit. Il convient donc de distinguer besoins élémentaires et besoins dérivés .

Selon une définition de Léon Walras dans Eléments d’économie politique pure ou théorie de la richesse sociale (1896), « le marché est le lieu où s’échangent les marchandises ». La notion d’ échange est donc centrale au marché et implique de fait deux acteurs qui sont apparus dans ce schéma : le producteur ( « production » ) et le consommateur ( « consommation » ). Ces deux derniers ont par définition des besoins que l’on appellera désormais économiques ; or le marché est, suivant l’ analyse économique néo-classique , la réponse à leurs besoins au sens où il permet à la fois la satisfaction du consommateur - mesurée par son utilité - et le profit du producteur . Ce marché, reposant sur l’ hypothèse de la concurrence pure et parfaite et celle-ci faisant office de normes, est pensé comme étant la réponse la plus adaptée aux besoins économiques des individus.

Ici, la question n’est pas celle de la création de la richesse (pour lutter contre la rareté), mais bien (après coup bien sûr) de sa répartition.

Si l’on reprend la formule de Say (« les richesses naturelles sont inépuisables »), et au regard des théories des économistes qui lui ont jusqu’à présent succédé, on peut dire que les hommes font justement comme si les ressources étaient inépuisables : ils épuisent la Terre pour prix de leur « croissance » et utilise le marché comme instrument pour se persuader que la finitude des ressources n’existe pas !

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