La notion de sensibilité liée au bruit

La sensibilité a été introduite afin d’expliquer les différences individuelles de réponse au bruit en terme de gêne (principalement) pour un niveau d’exposition donné. Comme dit précédemment, il est généralement admis qu’elle est indépendante du bruit (de sa source comme de son intensité) et qu’elle est le principal facteur prédictif de la gêne. D’après des calculs sur l’impact de la sensibilité, elle pourrait avoir sur la gêne un effet similaire à 10-11 dB d’exposition.

On peut supposer que, en dehors de la gêne, les effets du bruit sur la santé seront plus importants chez les personnes les plus sensibles. La sensibilité aurait une valeur prédictive d’autres effets du bruit, tel que hypertension et l’angine de poitrine, ou encore la perturbation du sommeil. Des études en laboratoire ont montré que les réactions physiologiques au bruit sont plus importantes chez les individus les plus sensibles. Ces réactions incluent un niveau d’excitation/éveil (arousal) supérieur chez les personnes sensibles, un effet de sursaut (startle) plus prononcé, des modifications plus larges du rythme cardiaque. Ces individus s’adaptent également plus lentement que les autres au bruit et adoptent généralement des stratégies d’évitement, de plainte plutôt que d’adaptation.

A l’examen de la littérature, il est possible de dire que la notion de sensibilité est aussi protéiforme que celle de la gêne. Certaines études ont tenté de préciser plus en détail ce qu’est la sensibilité. Job a tenté d’en donner une définition plus précise en détaillant ses différentes composantes. Il la définit comme liée à des états internes individuels (physiologique, psychologique -incluant des attitudes- ou relatifs au style de vie ou à des activités) qui augmentent le degré de réaction au bruit en général. Il propose qu’elle est déterminée par les composantes personnelles suivantes : le niveau de réaction aux stimulations en général, l’acuité auditive, les attitudes par rapport au bruit en général (indépendamment de la source), la vulnérabilité à d’autres sources de stress, le niveau de support social et la capacité à faire face. Des facteurs tels que l’attitude par rapport à la source de certains bruits ne font pas partie des facteurs de la sensibilité car il sont liés à une source particulière et non pas au bruit en général (ces facteurs sont plutôt des déterminants de la gêne comme vu précédemment). Sont exclus également les facteurs liés au contexte de l’exposition.
Une étude sur des jumeaux a établi qu’il est fort probable que la sensibilité ait une composante génétique. Elle serait peu impactée par les variables démographiques.

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