Difficultés liées à l’évaluation de la sensibilité

Définir la sensibilité n’est pas chose facile, sa définition et ce qu’elle englobe ne font pas l’unanimité parmi les auteurs. Il en est de même pour son évaluation : la sensibilité, notion subjective par nature, a été introduite sur la base de l’hypothèse qu’elle peut être (auto-)évaluée par questionnaire.
Trois types d’évaluation sont utilisés dans les études, prenant respectivement la forme :

  1. d’une question unique demandant aux individus d’évaluer leur propre sensibilité, voir parfois de l’évaluer par rapport aux autres ;
  2. de questionnaires portant uniquement sur la sensibilité au bruit ;
  3. de questionnaires sur les réactions au bruit dans des situations diverses, permettant de déduire une évaluation de la sensibilité.

Pour répondre aux questions la personne interrogée dispose d’échelles de réponse variables selon les méthodes : entre 4 et 11 choix de réponse sont proposés, formulées de "tout à fait d’accord" à "pas du tout d’accord" ou alors de "pas gêné" à "très gêné" par exemple.

L’encadré ci-contre présente les principaux questionnaires utilisés. Il faut y ajouter les questionnaires sur mesures, à usage "local" plus ou moins unique, construit par rapport aux besoins de l’étude qui va les utiliser, ou issue des travaux de l’auteur.
Les différents questionnaires existants n’ont pas fait l’objet d’évaluation psychométrique, ils sont donc de qualité incertaine. Certains auteurs ont tenté d’en évaluer la fiabilité sans parvenir à établir de consensus (Heinonen-Guzejev 2009). Il ne semble pas qu’un questionnaire face l’unanimité au point de devenir le questionnaire de référence. Certaines études relativement récentes utilisent encore des questionnaires anciens. Le tableau illustre la multiplicité des méthodes d’évaluation utilisées. Lorsque c’est une question unique qui est utilisée, elle est parfois tirée (arbitrairement ? de l’un de ces questionnaires. Elle peut être par exemple : "Certaines personnes sont très sensibles au bruit, d’autres pas. En général, êtes vous plutôt sensible, moyennement sensible ou insensible au bruit ?" ou alors on peut demander à la personne interrogée de situer sa sensibilité sur une échelle allant de "pas sensible du tout" à "extrêmement sensible".

Zimmer and Ellermeier ont étudié certaines des méthodes d’évaluation. D’après eux la brièveté d’un questionnaire affecte sa qualité psychométrique, les questionnaires sont plus fiables que les questions uniques. Ils déconseillent l’utilisation de questionnaires "sur mesures". On voit bien que les différents questionnaires reflètent des différences d’approches, voire de présupposés. Les divergences d’avis des différents auteurs sur l’évaluation de la sensibilité sont les mêmes que celles sur la définition de ce qu’est la sensibilité (et de ce qu’elle n’est pas).

Un autre auteur reproche aux questionnaires existants de ne pas tenir compte du contexte de l’exposition, alors que la sensibilité est définie comme étant indépendante de celle-ci. De la même manière, Kishikawa a développé le questionnaire WNS-6B à partir du WNS en retirant les questions liées à la gêne, estimant que celles-ci pouvaient introduire un biais, alors que certaines études utilisent volontairement ce type de question pour "en déduire" une évaluation de la sensibilité. A noter également que l’échelle de choix de réponses proposés a une influence sur la réponse.

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