Le stress lié au bruit et la gêne sonore

L’inscription dans le cadre du modèle général de stress peut être facilement associé à l’émergence du concept de gêne liée au bruit (en anglais annoyance). Celui-ci représente évidemment un état perçu, comportant donc une part de subjectivité et qui ne peut être mesuré qu’au travers de questionnaires et d’enquêtes spécifiques. L’OMS reconnaît la gêne comme une des conséquences pathologiques du bruit, notamment environnemental et a tenté, comme d’autres auteurs, de produire des courbes exposition-réponses, qui seront traitées dans la suite (pour plus de précisions sur l’historique voir : La gêne liée au bruit englobe les réactions (...)).

En accord avec ce qui précède, d’autres auteurs ont essayé de fournir un schéma analytique, plus spécifiquement adapté au bruit, comme le montre la figure ci-contre. Partant du constat que la mesure du niveau sonore n’explique qu’une faible partie de la variabilité de la gêne exprimée, le schéma affiche des voies faisant apparaître deux niveaux d’appréciation (du niveau de dérangement perçu au degré de maîtrise perçue) et la capacité de faire face comme un filtre additionnel qui contribue à la gêne. Nous tenons à attirer l’attention sur le fait que ce schéma admet aussi que la maîtrise et l’adaptation individuelle restent en lien avec la gestion du bruit par source (revoir si nécessaire le TD sur le sujet, faisant partie du programme du 2nd semestre) et donc la gêne est potentiellement influencée par l’attitude du gestionnaire (ou la perception que peut en avoir l’individu) et les stratégies de gestion du bruit proposées (question de crédibilité p.ex.).

Une autre façon d’aborder la gêne, ainsi que les autres effets sanitaires du bruit, toujours en cohérence avec le modèle de stress, 4 voies différentes apparaissent comme distinctes (voir aussi figure ci-contre) :
- l’interférence avec la communication (sound masking),
- la perturbation de l’attention/concentration,
- l’éveil/excitation (particulièrement impliquée dans la perturbation du sommeil)
- la voie affective/émotionnelle (peur et colère).

L’ensemble de ces considérations représentent une situation complexe où les composantes psychologique et sociale de la gêne sont en étroite interaction.
L’étendue des données empiriques sur les impacts sanitaires du bruit est considérable. Néanmoins, malgré le nombre d’études accumulées depuis plusieurs décennies, de nombreuses questions récurrentes persistent. Le modèle de stress questionne le choix simplificateur de l’approche des courbes exposition-réponse « moyennes » (ou médianes), comme nous le verrons plus loin. Bien évidemment, ceci ne concerne que le choix du « thermomètre » et la recherche des bonnes valeurs réglementaires-seuils. L’étendue des impacts du bruit sur la santé reste, selon l’OMS énorme et une part substantielle de la population vit dans les zones grises (entre 55 et 65 dBA [1]), générant de très importants coûts socio-économiques.

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Notes

[1Ces deux valeurs ont été généré, en moyenne, à partir des courbes d’exposition-réponse de la gêne, 65 dBA représentant la valeur au delà de laquelle 80% des personnes se déclarent gênés, 50% pour la valeur de 55dBA

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