La gestion des eaux pluviales

La pluie est un des maillons du grand cycle de l’eau. Toute interférence avec la restitution (écoulements), l’infiltration (imperméabilisation) et bien sûr toute contamination, pourraient porter préjudice à la ressource en eau. Des mesures de gestion appropriées sont nécessaires. Celles-ci doivent aussi tenir compte de la variabilité dans le temps des débits. La pluviométrie est soumise à des variations temporelles :
- par grand cycle (pluriannuel), les précipitations en moyenne annuelle étant au dessus ou en dessous de la valeur p.ex. de la décennie, du siècle... ;
- selon le cycle saisonnier, alternant saisons sèches et pluvieuses ;
- avec des pics très importants, correspondants aux orages.

De ce qui précède, on comprend que ce n’est pas les quantités qu’il faut gérer, mais les débits. Peu importe le système de collecte, le réseau doit être dimensionné pour recevoir des pics exceptionnels.
La première dimension du risque lié aux eaux pluviales est donc celui de l’inondation/érosion/coulées de boues. Le lien entre érosion des sols et agriculture est traité ailleurs. Nous nous intéressons ici à la problématique urbaine. Les zones urbaines comportent une très forte proportion de surfaces imperméabilisées et peuvent donc recueillir une grande quantité d’eau pluviales. Ces eaux de ruissellement devraient être dirigés vers des collecteurs. Souvent, pour écréter le débit de pointe que peut représenter un orage, des bassins de retenue (stockage temporaire) doivent être construits. Il nous faudra encore décider de la destination finale, station d’épuration, rejet direct dans le milieu naturel...

Nous avons vu la question du cheminement des eaux pluviales, des surfaces imperméabilisées aux collecteurs. Au cours de ce processus se produit un lessivage de l’ensemble des surfaces, avec dissolution ou mise en suspension de substances et poussières. Les batiments peuvent être couvert de suies, sur les parkings et les routes se déposent toutes sortes de polluants (huiles et autres résidus liés aux voitures) et produits d’usure des pneumatiques. De nombreux polluants organiques, ainsi que des métaux pourront donc être entrainés par la pluie. Non seulement il faut gérer les débits, il nous faut considérer la dépollution des eaux pluviales (bassins de décantation, deshuileurs...).

Prenons l’hypothèse que nous déversons les eaux pluviales collectées dans le réseau des eaux usées (réseau de collecte unitaire). Les stations d’épuration devraient alors avoir une plus grande capacité et éventuellement absorber les pics en cas d’orage. En cas de précipitations exceptionnelles, la station sera débordée, il y aura une fuite d’eaux usées non épurées dans le milieu naturel, avec déversement auusi de pollution microbienne. C’est ce qui arrive en agglomération parisienne, où il existe pour une grande partie un réseau unitaire. Le choix de réseaux en séparatif est donc préférable (eaux usées et pluviales dans des tuyaux différents). C’est ce qu’impose la réglementation. La destination finale sera le milieu naturel, après dépollution.

Dans un souci de gestion durable de l’eau, de nouveaux principe de gestion sont apparus :
- rétention à la parcelle (surfaces enherbées pouvant contribuer à l’infiltration, toitures végétalisées),
- stockage au plus près (multiplication des bassins, plutôt que de poser des tuyaux de collecte),
- nouveaux usages basés sur la récupération des eaux de pluie (arrosage, chasses d’eau).

Globalement, il s’agit de réduire les eaux de ruissellement et contribuer à maîtriser les pics.

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