La caractérisation du continuum exposition-maladie chez le nouveau-né de mères exposées à des carcinogènes pendant la grossesse

Des études épidémiologiques ont montré que l’exposition à des carcinogènes environnementaux, à la fumée du tabac active ou passive pendant la grossesse, augmente le risque de survenue de dommages sanitaires importants chez le nouveau-né. Le risque, dans la plupart des cas augmente avec le degré d’exposition, par exemple le nombre de cigarettes fumées pendant la grossesse. A l’inverse, il diminue pour les femmes qui arrêtent de fumer tôt pendant la grossesse.

Chez les adultes exposés, il est reconnu que les dommages de l’ADN sous l’action de composés génotoxiques constituent l’étape initiale du processus de la cancérogénèse. Cependant, l’évaluation du niveau des dommages génotoxiques représente un défi du fait que :

  1. Le placenta forme une barrière pertinente,
  2. Les composés qui atteignent le fœtus peuvent être partiellement métabolisés par le système maternel avant d’arriver dans la circulation fœtale,
  3. Les composés peuvent s’accumuler dans le compartiment fœtal par l’excrétion urinaire de formes hydrosolubles et une ingestion par le fœtus du liquide amniotique.

La dose réelle de génotoxiques exogènes qui atteignent le fœtus au cours de son développement n’est pas connue. Les mesures de l’exposition fœtale sont entachées d’erreurs substantielles. En conséquence, les corrélations statistiques entre l’exposition et les pathologies observées sont amoindries. En d’autres termes, une estimation précise de l’exposition peut faire la différence entre l’établissement d’un lien causal et une étude non concluante.

Bien que les épidémiologistes soient très intéressés par la base biologique des associations observées, le processus de l’exposition à la maladie est souvent traité comme une boîte noire. L’épidémiologie moléculaire est un domaine de recjerches relativement nouveau. Il tente de caractériser plus en détails la série d’événements entre l’exposition et le développement de la maladie en ouvrant en quelque sorte la boîte noire.

A cette fin, l’épidémiologie moléculaire intègre les données de la biologie moléculaire dans la recherche épidémiologique. Elle se focalise sur la contribution des facteurs de risque potentiels, génétiques et environnementaux, tels qu’identifiés au niveau moléculaire, à l’ætiologie des maladies. Ces biomarqueurs comprennent tout indicateur cellulaire ou moléculaire d’exposition mesurable (dose interne ou dose biologiquement efficace), d’effet ou de susceptibilité à la maladie.

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