Evolution de l’incidence : le cas des cancers de la thyroïde

Une augmentation considérable et continue de l’incidence des cancers de la thyroïde a été rapportée depuis environ 30 ans. Nous accordons ici une importance particulière à cette localisation, dont l’étiologie est parfois rapprochée à l’exposition à des formes d’iode radioactif. En effet, la fonction d’absorption des ions I-, nécessaires à la synthèse des hormones thyroïdiennes, conduit à une accumulation et une vulnérabilité particulière.

Compte tenu de ces éléments, la recherche d’un lien causal avec l’accident de Tchernobyl semble logique. L’InVS a refuté l’existence d’un tel lien puisque l’augmentation de l’incidence a été observée déjà bien avant 1986 et qu’il ne semble pas y avoir de modification particulière de la courbe après l’accident. Le cas est un peu plus compliqué pour les cancers pédiatriques, pour lesquels le nuage de Tchernobyl a été aussi incriminé. Cette fois nous nous heurtons à un autre problème méthodologique. Les cancers de la thyroïde chez l’enfant sont extrèmement rares, d’où une grande difficulté d’atteindre une significativité statistique dans les études épidémiologiques [1]. Clairement, malgré la cohérence mécanistique et l’exposition à des doses significatives d’iode(131I), ce lien reste encore controversé pour ce qui concerne la France.

Il nous faut néanmoins rechercher des explications à cette augmentation de l’incidence. Pour mieux comprendre la situation il nous faut fournir quelques éléments cliniques. La majorité des cancers de la thyroïde se présentent sous la forme de lésions indolentes, d’une évolution clinique lente et qui, suite à un traitement chirurgical radical (thyroïdectomie), ne récidivent pas. Dans les dernières années, les progrès considérables de nos moyens diagnostiques (radiologie - cytologie), peuvent expliquer une partie de l’augmentation de l’incidence, assimilée ainsi à un biais de diagnostic. Ceci revient à admettre que des lésions infra-cliniques, en grand nombre, passaient précédemment inapperçues du fait de leur lente évolution et de l’absence de menace pour le pronostic vital (les personnes meurent avant d’autres causes). Mais cette explication n’est pas suffisante car nous observons aussi une augmentation des insuffisances thyroïdiennes, particulièrement chez la femme, donc des dysfonctionnements considérables au niveau de cet organe, potentiellement attribuables à l’environnement ou au mode de vie.

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Notes

[1un pic d’incidence a néanmoins clairement été observé dans la zone proche d la centrale

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