Evolution de l’incidence : le cas des cancers du sein

L’incidence des cancers du sein augmente de façon continue dans les années récentes. Un effet “dépistage” [1], évoqué déjà pour les cancers de la thyroïde, a été ici aussi mis en avant. La découverte relativement fréquente de lésions malignes dans les tissus mammaires de personnes décédées d’autres causes, plaide en faveur de cette hypothèse. En somme, nos moyens de dépistage précoce détectent des lésions, dont l’évolution lente n’auraient que rarement menacé la survie des patientes chez qui elles sont découvertes.

Bien évidemment, il s’agit encore d’une raison possible et partielle qui ne peut à elle seule expliquer l’augmentation de l’incidence des cancers du sein, pathologie complexe et influencée par de multiples causes en particulier hormonales. En effet, le tissu mammaire est sous l’influence des hormones sexuelles et des liens épidémiologiques ont été établis avec certains indicateurs qui correspondent au mode de vie. L’âge précoce à la puberté, phénomène courant dans les pays développés, est un facteur de risque. Il en est de même pour l’âge tardif de la ménopause, lui même corrélé à l’indice de masse corporel. De façon très schématique nous pourrions dire que tout facteur tendant à augmenter l’imprégnation hormonale (en particulier œstrogénique), serait associé à l’élévation du risque de cancers du sein.

Différentes données démontrent que le cancer du sein est une maladie de nos sociétés occidentales :
- L’incidence est élevée dans les pays développés et faible en Afrique ou en Asie ;
- Chez les migrants originaires de pays où l’incidence est faible (femmes japonaise par exemple), on observe que le risque du cancer du sein rattrape celui du nouveau lieu de résidence (Etats Unis) en une génération.

Le cancer du sein apparaît comme une pathologie d’une grande diversité dans sa présentation (types histologiques, évolution clinique, âge au diagnostic) et ses causes possibles (facteurs génétiques, exposition à des polluants, modes de vie). A ce jour, l’origine hormonale est la seule clairement démontrée, d’autant plus que l’effet des œstrogènes est la stimulation de la prolifération du tissu mammaire. Une hypothèse qui reçoit de plus en plus d’attention concerne l’impact développemental des hormones œstrogènes :
- Les enfants des femmes traitées par le diéthylstilbestrol (une hormone de synthèse) au cours de la grossesse présentaient un risque de cancer du sein 2,5 fois plus élevé,
- Les jumeaux et les filles ayant un poids élevé à la naissance (deux situations associées à une augmentation du taux des œstrogènes chez la femme enceinte) présentent aussi une élévation du risque.

La question reste donc ouverte concernant la contribution de toute substance possédant une action œstrogénique, quelle que soit son origine (polluants ou contaminants alimentaires par exemple).

2 Messages de forum

  • Les jumeaux et les filles ayant un poids élevé à la naissance (deux situations associées à une augmentation du taux des œstrogènes chez la femme enceinte) présentent aussi une élévation du risque.

    J’aimerais savoir en quoi est-ce que les jumeaux résentent eux aussi un risque élévé ? est-ce dû variment aux hormones ? Si oui, comment ? prières me donner quelques explications sommaires !!

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    • Evolution de l’incidence : le cas des cancers du sein 26 mai 2011 11:06, par Yorghos Remvikos

      Ces observations, comme la ménopause tardive, ne peuvent s’expliquer simplement. L’hypothèse la plus vraisemblable reste l’imprégnation œstrogénique élevée. Ce qu’il faut retenir est le faisceau concordant qui associe déséquilibre hormonaux et cancer du sein.

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Notes

[1c’est aussi le cas pour les cancers de la prostate

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