La chaîne d’interdépendances et le territoire couvert

Evidemment que le passage des villages aux villes ne s’est pas fait brutalement et sans que des co-évolutions ne viennent conforter l’avantage de ces dernières. Nous avons déjà noté que l’invention de l’écriture a permis une meilleure gestion des ressources et une planification, essentielle pour soutenir l’effort d’expansion. Les villes étaient avant tout des centres de pouvoir et des lieux de culte, avant d’attirer la population qui y cherchait un moyen d’améliorer son sort (une quête de mieux-vivre, un avenir mieux assuré).
En somme, il nous faut introduire aussi la notion de territoire couvert, dont l’étendue ne pouvait dépendre que de la capacité à mobiliser des ressources et de disposer des moyens pour le défendre, sans oublier la garantie de son bon fonctionnement. D’ailleurs, pour construire des villes, il fallait aussi mobiliser des ressources et de la main d’œuvre, soit disposer d’un pouvoir que les figurations sociales précédentes ne rendaient pas possible. La ville a émergé comme centre de pouvoir, exercé sur un territoire plus ou moins vaste et une population plus nombreuse.
Bien sûr, si nous pouvons représenter les différentes figurations comme des chaînes d’interdépendances, plus ou moins longues et plus ou moins ramifiées, il nous faut aussi réaliser que chaque exemple historique peut aussi présenter des singularités (Athènes pouvait se distinguer d’autres villes de l’antiquité classique). Par contre, dans la totalité des cas que nous connaissons par l’histoire, il y a eu une phase de développement, puis un effondrement, dont certaines causes ont été abordées précédemment), au moins succinctement (certains insisteraient sur le manque de soutenabilité).
Nous voyons déjà apparaître de nouveaux besoins, à l’origine de nouvelles fonctions différenciées, en plus de la production pour couvrir les besoins essentiels : commerce et transport pour la diffusion des produits élémentaires, armée pour assurer la sécurité du territoire ou de nouvelles conquêtes, scribes et autres « métiers » pour administrer la cité, n’étant que quelques exemples. La complexification des chaînes d’interdépendances suit tant la voie de la différentiation que celle de la stratification, car chaque nouvelle fonction insérée dans le réseau dynamique de relations sera aussi associée à un certain pouvoir, un prestige, une reconnaissance reflétée dans le statut social, évolutifs dans le sens de l’histoire.

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